Sous l’égide de l’Institut Francophone de l’Obsolescence (IFO), récemment élargi à l’international francophone, les Obso-Days 2025 ont réuni plus de 200 participants, autour d’une ambition partagée : faire de la gestion de l’obsolescence un levier d’innovation et de durabilité industrielle.
Une discipline émergente : anticiper pour durer
L’obsolescence n’est plus une fatalité, mais un champ structuré d’expertise. De l’analyse des fonctions à la re-conception, en passant par la fabrication, le soutien ou le retrait des équipements, chaque phase devient stratégique. Airbus Helicopters, acteur clé du colloque, illustre cette transformation. Avec plus de 12 000 hélicoptères en service, une durée de vie de 30 à 40 ans et 100 000 composants en stock, l’entreprise gère 3 500 cas actifs d’obsolescence via un réseau mondial, un processus outillé (TOM - Tool for Obsolescence Management) et une équipe dédiée de 40 personnes. L’extension de vie devient une priorité stratégique autant qu’un impératif environnemental et elle est de plus en plus anticipée.
Air France, Thales, Alstom : l’obsolescence comme nouvelle frontière de l’ingénierie
Chez Air France Industries, la diversité des équipements (3 000 avions, 500 moteurs, 1 100 systèmes) impose une proactivité logistique et technologique, avec des cycles de vie souvent désynchronisés — l’électronique évoluant en 3 ans, les structures sur 30 ans. Thales met en avant une évolution vers l’aide à la décision, intégrant pénurie de composants, tensions géopolitiques et complexité des architectures. Alstom, de son côté, souligne le rôle croissant de la donnée pour maximiser la disponibilité.
Nouvelles méthodes, nouveaux savoir-faire
Les conférences ont aussi montré des outils et méthodologies comme TOM (Tool for Obsolescence Management), le PHM (Prognostic Health Management) et les modèles HMM (Hidden Markov Models) pour de l’analyse prédictive. L’ISAE-Supméca, en lançant le Mastère Spécialisé POP (Pérennité – Obsolescence – Pénurie), entend structurer une nouvelle discipline, au carrefour de l’ingénierie, de l’écoconception et de la stratégie industrielle.
Le projet E6, soutenu par 17 partenaires dans 5 pays, vise à bâtir des écosystèmes de réutilisation des composants électroniques
Réemploi et économie circulaire : le rôle croissant des PTCE
Autre temps fort coté exposants et Nevers agglomération : la valorisation des initiatives de réemploi et de reconditionnement portées par les Pôles Territoriaux de Coopération Économique (PTCE). Notamment l’initiative locale ECRIN qui aide au reconditionnement de sièges professionnels, de chantiers de BTP, informatique, textile ou électroménager : les solutions locales s’inscrivent dans un mouvement global.
L’obsolescence anticipée, bien au-delà de la résilience
Au fil des échanges, une tension majeure s’est dégagée : celle entre volonté d’agir et réalité économique. Comme l’a souligné Valeo, l’équation économique actuelle reste peu incitative pour le secteur automobile: le coût d’industrialisation pour l’extension de vie ou le réemploi dépasse souvent les gains attendus. À cela s’ajoute un cadre réglementaire parfois contre-productif, interdisant, pour des produits neufs, l’intégration de composants réutilisés, même parfaitement fonctionnels.
Mais un autre levier confère à cette discipline une importance nouvelle. Dans un monde marqué par l’instabilité géopolitique et la fragmentation des chaînes d’approvisionnement, la gestion de l’obsolescence devient une stratégie de souveraineté technologique. Anticiper les ruptures, prolonger la vie des systèmes existants, et sécuriser les approvisionnements deviennent autant d’armes face à la dépendance industrielle.
Conclusion : bâtir une industrie plus résiliente n’a jamais été aussi important
Les Obso-Days 2025 ont confirmé que la gestion de l’obsolescence n’est plus un enjeu technique isolé, mais une discipline systémique, croisant normes, savoir-faire, innovation et durabilité. Dans un contexte de raréfaction des ressources, de complexification des chaînes de valeur et d’exigences croissantes en matière de résilience, l’obsolescence devient une opportunité stratégique pour repenser les modèles industriels.
Une discipline émergente : anticiper pour durer
L’obsolescence n’est plus une fatalité, mais un champ structuré d’expertise. De l’analyse des fonctions à la re-conception, en passant par la fabrication, le soutien ou le retrait des équipements, chaque phase devient stratégique. Airbus Helicopters, acteur clé du colloque, illustre cette transformation. Avec plus de 12 000 hélicoptères en service, une durée de vie de 30 à 40 ans et 100 000 composants en stock, l’entreprise gère 3 500 cas actifs d’obsolescence via un réseau mondial, un processus outillé (TOM - Tool for Obsolescence Management) et une équipe dédiée de 40 personnes. L’extension de vie devient une priorité stratégique autant qu’un impératif environnemental et elle est de plus en plus anticipée.
Air France, Thales, Alstom : l’obsolescence comme nouvelle frontière de l’ingénierie
Chez Air France Industries, la diversité des équipements (3 000 avions, 500 moteurs, 1 100 systèmes) impose une proactivité logistique et technologique, avec des cycles de vie souvent désynchronisés — l’électronique évoluant en 3 ans, les structures sur 30 ans. Thales met en avant une évolution vers l’aide à la décision, intégrant pénurie de composants, tensions géopolitiques et complexité des architectures. Alstom, de son côté, souligne le rôle croissant de la donnée pour maximiser la disponibilité.
Nouvelles méthodes, nouveaux savoir-faire
Les conférences ont aussi montré des outils et méthodologies comme TOM (Tool for Obsolescence Management), le PHM (Prognostic Health Management) et les modèles HMM (Hidden Markov Models) pour de l’analyse prédictive. L’ISAE-Supméca, en lançant le Mastère Spécialisé POP (Pérennité – Obsolescence – Pénurie), entend structurer une nouvelle discipline, au carrefour de l’ingénierie, de l’écoconception et de la stratégie industrielle.
Le projet E6, soutenu par 17 partenaires dans 5 pays, vise à bâtir des écosystèmes de réutilisation des composants électroniques
Réemploi et économie circulaire : le rôle croissant des PTCE
Autre temps fort coté exposants et Nevers agglomération : la valorisation des initiatives de réemploi et de reconditionnement portées par les Pôles Territoriaux de Coopération Économique (PTCE). Notamment l’initiative locale ECRIN qui aide au reconditionnement de sièges professionnels, de chantiers de BTP, informatique, textile ou électroménager : les solutions locales s’inscrivent dans un mouvement global.
L’obsolescence anticipée, bien au-delà de la résilience
Au fil des échanges, une tension majeure s’est dégagée : celle entre volonté d’agir et réalité économique. Comme l’a souligné Valeo, l’équation économique actuelle reste peu incitative pour le secteur automobile: le coût d’industrialisation pour l’extension de vie ou le réemploi dépasse souvent les gains attendus. À cela s’ajoute un cadre réglementaire parfois contre-productif, interdisant, pour des produits neufs, l’intégration de composants réutilisés, même parfaitement fonctionnels.
Mais un autre levier confère à cette discipline une importance nouvelle. Dans un monde marqué par l’instabilité géopolitique et la fragmentation des chaînes d’approvisionnement, la gestion de l’obsolescence devient une stratégie de souveraineté technologique. Anticiper les ruptures, prolonger la vie des systèmes existants, et sécuriser les approvisionnements deviennent autant d’armes face à la dépendance industrielle.
Conclusion : bâtir une industrie plus résiliente n’a jamais été aussi important
Les Obso-Days 2025 ont confirmé que la gestion de l’obsolescence n’est plus un enjeu technique isolé, mais une discipline systémique, croisant normes, savoir-faire, innovation et durabilité. Dans un contexte de raréfaction des ressources, de complexification des chaînes de valeur et d’exigences croissantes en matière de résilience, l’obsolescence devient une opportunité stratégique pour repenser les modèles industriels.